Clinique

L’épilepsie est une condition neurologique d’étiologie variée caractérisée par des crises récurrentes causées par des décharges électriques excessives dans un groupe de cellules cérébrales. Au Québec, on estime qu’environ 70 000 personnes souffrent d’épilepsie. Encore aujourd’hui, l’épilepsie suscite la crainte, l’incompréhension et la discrimination sociale. Heureusement, plusieurs traitements existent.



 

LE TRAITEMENT MÉDICAL DE L’ÉPILEPSIE

Le médecin qui évalue le malade qui présente des manifestations cliniques compatibles avec un diagnostic d’épilepsie doit faire préciser par le malade les différents malaises qu’il a éprouvés, si ces malaises sont identiques, leur fréquence et à quel moment les épisodes ont débuté. Le médecin doit prendre en considération la durée de l’évènement, s’il y a eu perte de connaissance, si ce malade a présenté des mouvements anormaux, de la salive à la bouche, une morsure de la langue, une perte d’urine; période de somnolence et de confusion avant le retour de la conscience. Si les secousses musculaires ont été importantes, le malade pourra éprouver des courbatures et de la céphalée.

Il est très important pour le médecin d’obtenir la description des témoins de la crise, d’obtenir des parents la description des épisodes « d’absences » accompagnées ou non de clignotements des paupières ou d’automatismes gestuels, de mastication, au cours de la crise.

Si les symptômes sont compatibles avec une crise d’épilepsie, de quel type d’épilepsie souffre-t-il et quelle est la cause de cette épilepsie?

Pourquoi devient-on épileptique? C’est l’étape de l’identification d’une pathologie antérieure et fixée ou actuelle et évolutive au moyen d’une histoire clinique précise et de l’utilisation d’examens complémentaires : EEG et examens neuroradiologiques. Toute crise épileptique dépend de facteurs génétiques et de facteurs acquis.

Classification des crises d’épilepsie (1981)
Les manifestations cliniques sont en relation avec le site anatomique du foyer épileptique et la diffusion de la décharge épileptique aux structures avoisinantes. La classification des crises épileptiques basée sur des critères électro-cliniques permet la différentiation entre crises partielles et crises généralisées.

CRISES PARTIELLES (début localisé)
Crises partielles simples (la conscience est préservée)
-Motrice
-Sensitivo-sensorielle
-Autonomique
-Psycho-sensorielle
Crises partielles complexes (avec modification de la conscience)
-Début par sémiologie élémentaire et évoluant vers une modification de la conscience.
Crises partielles secondairement généralisées

CRISES GÉNÉRALISÉES (bilatérales, symétriques, sans début localisé)
Crises d’absences
Crises d’absences atypiques
Myocloniques
Cloniques
Toniques
Tonicocloniques
Atoniques

CRISES ÉPILEPTIQUES NON CLASSIFIÉES

En 1989, une autre classification des différents malaises de l’épilepsie était proposée basé sur le concept de syndrome épileptique défini ainsi : « groupement de certains nombres de symptômes et signes apparaissant ensemble d’une manière constante et non fortuite ».

Tenant compte de ces différentes causes de l’épilepsie dans la classification des différents syndromes épileptiques, on distinguera :

-Les épilepsies idiopathiques qui surviennent indépendamment de toute lésion cérébrale, bien définies dans le caractère électro-clinique, débutant dans l’enfance et l’adolescence. Le facteur étiologique principal est une prédisposition héréditaire.

-Les épilepsies symptomatiques qui résultent d’une lésion structurelle diffuse ou locale, évolutive ou fixe du système nerveux central, la lésion peut-être objectivée par l’imagerie cérébrale et être responsable d’anomalies neurologiques.

-Enfin, les épilepsies cryptogéni ques (dont la cause est cachée) sont celles dans lesquelles ni l’anamnèse, ni l’examen clinique, ni les explorations paracliniques n’ont montré de lésion cérébrale pouvant raisonnablement les expliquer.

Dans les épilepsies généralisées idiopathiques, nous retiendrons entre autre : épilepsie-absences de l’enfance, épilepsie-absences de l’adolescence, épilepsie myoclonique juvénile. Dans les syndromes épileptiques partielles ou focales, nous retiendrons les manifestations de l’épilepsie du lobe frontal, de l’épilepsie du lobe temporal, de l’épilepsie du lobe pariétal, de l’épilepsie du lobe insulaire et de l’épilepsie du lobe occipital.

Conduite thérapeutique
Le médecin traitant alors bien informé de la cause de l’épilepsie, connaissant s’il s’agit d’une épilepsie focalisée avec crises partielles simples ou complexes avec généralisation secondaire par opposition à une épilepsie généralisée, pourra choisir le médicament le plus efficace pour ce type d’épilepsie. Le but visé est un compromis entre le contrôle des crises et la présence d’effets secondaires. Il s’agit d’un traitement à long terme et le médecin traitant doit établir un climat de confiance et s’assurer de l’étroite collaboration de son malade. L’approche scientifique et humanitaire est primordiale face à cette maladie qui peut réduire la qualité de vie si les crises ne sont pas totalement contrôlées.

Anticonvulsivants de 1ere génération


1857 :

Bromure

1972 :

Carbamazépine

1912 :

Phénobarbital

1978 :

Acide valproïque

1938 :

Phénytoïne

 

- Benzodiazépines

1954 :

Primidone

 

- Clonazépam (1968)

1960 :

Ethosuximide

 

- Clobazam (1978)

 

 

 

- Lorazépam (1970)

Anticonvulsivants de 2e génération
1994 : Vigabatrin : « Sabril »,
1994 : Gabapentin :     « Neurontin »
1995 : Lamotrigine :     « Lamictal »
1996 : Topiramate:      « Topamax »

Anticonvulsivants de 3e génération
Lévétiracétam :       « Keppra »
Oxcarbazépine :      « Trileptal »
Prégabaline :           « Lyrica »
Lacosamide :       « Vimpat »
Rufinamide :       « Banzel »

Fréquence des visites de relance chez le malade traité pour l’épilepsie
Nous suggérons une visite de contrôle un mois après le début du traitement et par la suite aux 3 à 6 mois selon la réponse thérapeutique. Lors de la première visite et du début des traitements, le médecin doit informer le malade des effets secondaires de la médication, l’aviser que s’il survient une complication, il doit communiquer immédiatement avec lui. Il faut demander au malade de tenir un registre des crises.

Sur le plan thérapeutique, il est recommandé d’utiliser un seul médicament anti-épileptique (monothérapie) avec dosage maximal.




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